Barème kilométrique et frais de déplacement

Le barème kilométrique convertit des kilomètres parcourus à titre professionnel en euros déductibles, sans avoir à justifier chaque dépense. Il dépend de deux données seulement : la puissance fiscale du véhicule, plafonnée à 7 CV, et le nombre de kilomètres de l'année. Pour un 5 CV et 13 200 km, le calcul donne 6 107 €, à comparer à l'abattement automatique de 10 % avant de choisir les frais réels.

La grille par puissance fiscale

Trois tranches de kilométrage, cinq lignes de puissance fiscale : dans chaque case, d désigne la distance annuelle parcourue pour le travail. Grille applicable aux frais engagés en 2025 et déclarés en 2026, à vérifier chaque printemps, l'administration republiant les coefficients avec la campagne de déclaration.

PuissanceJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinsd × 0,529(d × 0,316) + 1 065d × 0,370
4 CVd × 0,606(d × 0,340) + 1 330d × 0,407
5 CVd × 0,636(d × 0,357) + 1 395d × 0,427
6 CVd × 0,665(d × 0,374) + 1 457d × 0,447
7 CV et plusd × 0,697(d × 0,394) + 1 515d × 0,470

La puissance fiscale figure au repère P.6 du certificat d'immatriculation. Au-delà de 7 CV, le calcul reste celui de la dernière ligne : un V6 de 12 CV ne donne pas droit à plus. Les montants obtenus sont majorés de 20 % pour un véhicule électrique, batterie comprise dans le prix d'achat comme en location. Un 5 CV électrique parcourant 13 200 km ouvre ainsi 7 329 € au lieu de 6 107 €. Les deux-roues disposent d'une grille distincte, qui démarre autour de 0,395 € du kilomètre pour une petite cylindrée sur les 3 000 premiers kilomètres ; voir aussi itinéraire à moto.

Ce que le barème couvre, ce qui s'ajoute

Le barème est forfaitaire : il intègre la dépréciation du véhicule, les réparations et l'entretien, les pneumatiques, le carburant et les primes d'assurance. Il ne couvre pas les péages, les frais de stationnement ni les intérêts d'un emprunt contracté pour acheter la voiture : ces trois postes s'ajoutent au montant calculé, sur justificatifs. C'est ce qui explique l'écart avec le coût de roulage réel : un aller-retour professionnel Paris – Lyon, soit 930 km, revient à ≈ 106 € de carburant sur la base de 6,5 l/100 km à 1,75 € le litre, plus ≈ 82 € de péage, quand le barème 6 CV rend 618 € pour la même distance. La différence correspond à l'usure et à l'amortissement, invisibles au quotidien mais bien réels. Les deux bases de calcul sont détaillées dans coût en carburant et coût des péages.

Le calcul pas à pas

  1. Additionnez les kilomètres professionnels de l'année : trajets domicile-travail dans la limite admise, déplacements chez les clients, formations, en excluant les trajets privés.
  2. Repérez la tranche : jusqu'à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, au-delà. Attention à l'effet de seuil, la deuxième tranche intégrant une part fixe.
  3. Appliquez la ligne de puissance fiscale, puis la majoration de 20 % si le véhicule est électrique.
  4. Ajoutez péages et stationnement payés pour ces déplacements, factures à l'appui.

Exemple complet : 30 km aller simple entre le domicile et le travail, 220 jours travaillés, soit 13 200 km par an, avec une voiture de 5 CV. Le calcul donne 13 200 × 0,357 + 1 395 = 6 107 €. Pour un salaire net imposable de 30 000 €, l'abattement automatique de 10 % ne vaut que 3 000 € : les frais réels font gagner plus de 3 100 € de base imposable en moins. Pour reconstituer des distances fiables, partez du calcul routier réel plutôt que d'une estimation à vue d'œil, comme l'explique distance à vol d'oiseau ou distance routière.

Domicile-travail : la limite de 40 km

L'administration admet un aller-retour par jour travaillé, et la distance domicile-travail n'est retenue que dans la limite de 40 km aller simple. Au-delà, la fraction excédentaire n'est déductible que si l'éloignement se justifie : mutation, emploi du conjoint, état de santé, scolarité des enfants, marché du travail local, prix de l'immobilier. La justification se rédige en quelques lignes jointes à la déclaration, avec les dates. Un second aller-retour quotidien peut être admis pour des horaires coupés ou l'absence de restauration sur place, là encore avec une explication écrite.

Frais réels ou abattement de 10 %

L'abattement de 10 % s'applique par défaut, sans démarche, avec un plancher de quelques centaines d'euros et un plafond d'un peu plus de 14 000 €. Les frais réels ne valent le coup que s'ils le dépassent, ce qui arrive vite au-delà de 8 000 km annuels ou de 25 km de trajet quotidien. L'option se prend chaque année et pour chaque membre du foyer séparément : l'un peut choisir les frais réels, l'autre garder l'abattement. Si vous optez pour les frais réels, il faut déclarer l'ensemble des remboursements reçus de l'employeur, indemnités kilométriques comprises. Un employeur qui verse des indemnités calculées au barème reste, de son côté, dans le cadre de l'exonération de cotisations. Les sommes perçues dans un covoiturage au titre du partage des frais ne sont pas un revenu et n'entrent pas dans ce calcul.

Justificatifs à conserver

Gardez pendant trois ans le certificat d'immatriculation, un relevé de kilométrage en début et en fin d'année, l'agenda ou le planning des déplacements avec dates, destinations et motifs, les factures de péage et de parking, ainsi que le contrat de travail ou les ordres de mission. En cas de contrôle, c'est la cohérence entre ces pièces qui compte : un tableau simple avec une ligne par déplacement, la distance et le motif suffit, à condition d'avoir été tenu au fil de l'eau. Les conducteurs qui enchaînent les tournées trouveront une méthode d'organisation dans itinéraire à plusieurs étapes.

Questions fréquentes

Comment calculer ses frais kilométriques ?

Additionnez les kilomètres professionnels de l'année, repérez la tranche de kilométrage, puis appliquez la ligne correspondant à la puissance fiscale du véhicule. Exemple : 13 200 km avec un 5 CV donnent 13 200 × 0,357 + 1 395, soit 6 107 €.

Les péages sont-ils compris dans le barème kilométrique ?

Non. Le barème couvre la dépréciation, l'entretien, les pneus, le carburant et l'assurance. Les péages, le stationnement et les intérêts d'emprunt s'ajoutent au montant calculé, sur justificatifs à conserver trois ans.

Quelle majoration pour un véhicule électrique ?

Le montant issu du barème est majoré de 20 %. Un 5 CV électrique parcourant 13 200 km ouvre ainsi 7 329 € au lieu de 6 107 €. La majoration vaut que la batterie soit achetée avec le véhicule ou louée.

Peut-on déduire plus de 40 km entre le domicile et le travail ?

Oui, à condition de justifier l'éloignement : mutation, emploi du conjoint, santé, scolarité des enfants ou marché du travail local. Sans justification, seuls 40 km aller simple sont retenus, pour un aller-retour par jour travaillé.

Pour aller plus loin : calculer le coût en carburant d'un trajet pour le coût réel de roulage, itinéraire en voiture électrique si vous roulez en électrique et train ou voiture pour arbitrer sur les déplacements professionnels longs.